![]() |
L'Automobile, symbole des Trente Glorieuses ?
Au cours des Trente Glorieuses l’automobile envahit une grande partie des ménages. C’est un des produits phare de cette période. Nous allons montrer en quoi l’automobile est un symbole des Trente Glorieuses. Nous verrons tout d’abord que c’est un des meilleurs exemples de la production de masse, puis que l’automobile constitue un témoin de la consommation de masse, et enfin nous verrons que cet essor de l’automobile porte la marque de l’Etat Providence. 1- Une production de masse Durant toute la période des Trente Glorieuses, les Etats-Unis conservent une avance en matière d’équipements des ménages en automobile puisque dès le début de cette période, plus d’un quart des habitants en possèdent une. Ce phénomène implique une production massive du produit permise grâce au travail à la chaîne ainsi qu’à d’autres nouvelles techniques de travail issues du Taylorisme et du Fordisme nés aux Etats-Unis puis adaptés dans les pays d’Europe Occidentale. L’extension des méthodes de la Seconde Révolution industrielle en Europe et au Japon fait croître la production de manière très importante, ainsi que dans les PVD, plus ponctuellement et surtout dans les années soixante avec l’implantations de filiales des grands groupes automobiles. Ce travail à la chaîne emploie une main d’œuvre non qualifiée; on y retrouve beaucoup de femmes ou de travailleurs immigrés. La progression de la production a été générale: multipliée par 1,5 de 1950 à 1974 pour les Etats-Unis, multipliée par 6,5 pour la France ou la RFA, par 5 pour le Royaume-Uni, par 26 pour le Japon, par 20 pour l’Espagne ou 10 pour le Brésil. Plus le retard est grand, plus la progression est rapide. L’adoption de ces techniques a permis aux pays d’Europe occidentale de connaître la plus forte progression en matière d’équipement des habitants en automobile puisqu’en augmentant le gain de productivité, elles ont provoqué la baisse du coût du produit. 2- Une consommation de masse En commercialisant des voitures moins chères, les firmes automobiles ont pu ainsi élargir leur clientèle à des ménages plus modestes et donc toucher la majeure partie de la population. ( le prix de la 2CV berline est divisé par 2 en 26 ans). Les produits de l’automobile se diversifient et à côté des voitures populaires et bon marché (4 CV Renault, 2 CV Citroën), on trouve des voitures qui font rêver, comme la DS, dont le nom est tout un symbole. De tels achats sont encouragés aussi grâce à l’amélioration du pouvoir d’achat (indexation des salaires sur les prix) mais aussi grâce au crédit. Le marketing issu de la société de consommation née aux Etats-Unis dans l’entre deux guerres incite à l’achat. Ainsi, le salon de l’automobile, véritable temple de la consommation chargé d’attirer et de faire rêver les consommateurs, ou encore les campagnes de presse servent à la promotion des nouvelles voitures. Tous ces éléments permettent d’inclure l’automobile dans le phénomène de consommation de masse qui apparaît à cette époque. 3- L'Etat Providence L’automobile est enfin un témoin et un bénéficiaire de l’Etat Providence qui s’est mis en place au début des Trente Glorieuses. En effet, la T.V.A., impôt général sur la consommation, constitue un quart du prix de vente d’une voiture. L’argent généré par cette taxe et associé à celui généré par d’autres impôts est ensuite redistribué par l’Etat qui répartit les fruits de la croissance. Ainsi, l’Etat Providence permet de consacrer d’avantage l’épargne à la consommation et donc en partie à l’achat de voiture. De plus, l’Etat a nationalisé Renault pendant cette période (1945) permettant à cette entreprise de développer ses structures et d’en faire un model social. Prix de fabrication ...................................... 6 639 dont:
+ Frais divers .............................................. 2 647 + Bénéfice de l'entreprise ............................ 705 + TVA ........................................................ 3 329 = Prix de vente ...................... 13 320 Decomposition du prix de vente de la berline 204 Peugeot en 1972 (en Francs) L’automobile présente donc bien les caractéristiques des Trente Glorieuses, à savoir la production de masse, la consommation de masse et la présence de l’Etat Providence. L’automobile est un secteur qui traduit bien la croissance économique de cette période et qui reste aujourd’hui encore un bon indice de fluctuation de la croissance.
|
|
Sommaire |
|
|
|
LesEtudes.com ® Copyright - Tous droits réservés. Toute reproduction complète ou partielle du site est formellement interdite.