Résumé
Ce roman est difficile à résumer car les intrigues et personnages sont multiples et s’enchevètrent les uns les autres. Toutefois, il est possible de dégager une histoire centrale autour de trois personnages, et plusieurs intrigues secondaires qui en partent ou y reviennent.
Histoire centrale
L’histoire centrale est celle de trois personnages, deux jeunes garçons lycéens et un homme de 38 ans, durant les quelques mois d’un été et d’automne.
Bernard, lycéen parisien de 17 ans sur le point de passer son bachot, tombe par hasard sur des lettres appartenant à sa mère et découvre qu’il est le fruit d’un amour interdit entre cette dernière et un amant de passage. Il en conçoit un profond mépris pour l’homme qui l’a pourtant élevé, mais qui n’est pas son père et qu’il pense alors n’avoir jamais aimé. Pourtant, Alberic Profitendieu, le père de Bernard, a malgré lui une préférence pour celui-ci. Après avoir laissé une lettre d’adieu très froide et très dure à son père, il décide de fuir la maison - mais ne sachant où passer sa première nuit, il se réfugie chez un de ses amis et camarade de classe, Olivier. Ce dernier est un garçon timide en manque d’affection, qu’il cherche à combler auprès de ses amis proches ou de son oncle Édouard dont il est amoureux - amour réciproque, mais que ni l’un ni l’autre ne parviennent à exprimer. Cependant, à la suite d’un concours de circonstances, Bernard se retrouve engagé par Edouard, qui exerce le métier d’écrivain, en tant que secrétaire et ils s’en vont tous deux pour un séjour dans les montagnes.
Par dépit et jalousie, Olivier se laisse séduire par le comte de Passavant, écrivain à la mode, riche, dandy et pédéraste mais également cynique et manipulateur, qui convoitait le garçon depuis un moment et profite de ses états d’âme pour se l’accaparer. L’influence du comte sur le garçon est pernicieuse : Olivier devient mauvais, brutal, détestable même aux yeux de ses meilleurs amis. Il finit par s’en rendre compte et sombre dans une dépression noire, sans savoir comment faire machine arrière. Au cours d’une soirée mondaine, il se saoule et se ridiculise devant tout le monde puis sombre dans une torpeur éthylique. Il est rattrapé et soigné par l’oncle Édouard, dans les bras duquel il achèvera la nuit. Au matin, il tente de se suicider, non pas par désespoir dira-t-il, mais au contraire parce qu’il a connu un tel bonheur cette nuit-là qu’il a senti n’avoir plus rien à attendre de la vie. Il finira par rester vivre chez son oncle, grâce à la bienveillance de sa mère qui devine bien les relations liant son frère à son fils, mais ne veut pas les détruire.
Intrigues secondaires
Autour de cette histoire centrale gravitent plusieurs intrigues secondaires :
* celle du grand frère d’Olivier, Vincent, qui connaît avec une cousine éloignée une amourette adultère au fruit amer puisqu’il la rend enceinte. Lâchement, il abandonne ses responsabilités pour se perdre auprès de lady Griffith, amie du comte de Passavant mais plus cynique encore, puis finit par assassiner cette dernière au beau milieu d’un voyage halluciné en Afrique.
* celle du petit frère d’Olivier, Georges, jeune garçon calculateur qui n’a pas froid aux yeux et vire à la délinquance, manipulé par un sous-fifre du comte de Passavant.
* celle d’un ami d’Olivier, Armand, désabusé et dépressif, qui vire au nihilisme absolu dans ses attitudes et ses idées. Il finit par trouver sa voie auprès du cynisme du comte de Passavant.
* les adultes du roman ont aussi leurs histoires: le père de Bernard, juge d’instruction qui suit une affaire de fausse monnaie, où Georges se trouve mêlé; le père d’Olivier, tiraillé entre sa femme, sa famille et sa maîtresse ; un vieil organiste qui rêve de retrouver son petit-fils perdu mais se trouve terriblement déçu lorsqu’il le rencontre ; etc.
* enfin, Boris, le petit-fils de l’organiste, jeune enfant fragile rencontré dans un sanatorium en montagne par Edouard et Bernard est ramené à Paris afin de l’éloigner de la maladie de Bronja, fille de sa doctoresse, qu’il vénère, mais aussi de ses penchants à la masturbation avec ses petits amis, attitude jugée honteuse et maladive à cette époque. Perdu, desespéré, abandonné de tous y compris d’Edouard qui s’était pourtant juré de s’en occuper, maltraité par Georges et ses copains, il sera la victime expiatoire d’un drame épouvantable qui clôt le roman sur une note extrêmement sombre.
Par ailleurs, le roman est construit sur une mise en abyme puisque l’oncle Edouard, écrivain, est présenté en train d’écrire un roman intitulé “Les Faux-Monnayeurs”, dans lequel il cherche à s’éloigner de la réalité, et qui a pour personnage principal un romancier.
via Wikipedia
