Les Âmes mortes est un roman de Nicolas Gogol, paru en 1842.
Narrant, sur un ton comique, les aventures d’un petit escroc, dans la Russie des années 1820, il est aussi une troublante dénonciation de la médiocrité humaine.Les Âmes mortes est considéré comme une des œuvres maîtresses de la littérature russe.
Critique
Dès sa parution, l’oeuvre a été encensée, pour son remarquable réalisme, par les principaux intellectuels russes, tels que le critique Vissarion Belinski, ou l’écrivain Serge Aksakov: le génie caricaturiste et satiriste de Gogol lui a permis de dresser un tableau extrêmement véridique, et comique, de la Russie de son temps.
La publication des Âmes mortes a aussi fait scandale, la majorité des lecteurs russes de l’époque, qu’ils soient conservateurs ou réformateurs, ayant compris le roman comme une critique sociale, en particulier du servage. En effet, toutes les tares de la Russie y sont exposées, sans aucune concession, comme dans Le Revizor ou, sur un autre ton, dans les Lettres de Russie d’Astolphe de Custine. Cette interprétation a pourtant profondément irrité Gogol qui n’a pas voulu faire passer de message politique dans Les Âmes mortes, et qui était, par ailleurs, un ardent défenseur de l’autocratie.
Comme Gogol l’a expliqué, son projet a été de dénoncer, sous l’apparence d’une farce, la médiocrité humaine: les véritables âmes mortes sont ces propriétaires qui vivent sans jamais véritablement s’interroger sur le sens de leurs actes ni, plus largement, sur les absurdités du monde.
Au fil des ans, tandis qu’il s’enfonçait dans une auto-destructrice quête de perfectionnement moral, Gogol a donné une interprétation mystique aux Âmes mortes, comme représentation de l’enfer sur terre. Il entendait, dans une deuxième et une troisième partie, sauver ses héros (et la Russie). Gogol s’épuisera à cette tâche, qu’il n’achèvera jamais.
A ce titre, Les Âmes mortes est aussi un document essentiel pour comprendre la tragédie que fut la vie de Gogol. Celui-ci disait de ce roman qu’il était l’histoire de son âme. Les Âmes mortes reflète, en effet, toutes les convulsions de la conscience torturée de l’auteur, pendant les dix-sept ans qu’il lui consacra (de 1835 à 1842).
Dans une lecture particulièrement intéressante des Âmes mortes, Vladimir Nabokov souligne la dimension existentielle de l’oeuvre, et tire la conclusion que Gogol est nettement supérieur à Fedor Dostoïevski, Ivan Tourgueniev ou Anton Tchekov.
Les Âmes mortes ont inspiré de nombreux auteurs, dont Mikhaïl Boulgakov dans Le Maître et Marguerite, mais aussi Dostoïevski ou Soljenitsyne.
via Wikipedia
- Fiche de lecture de GOGOL (Nicolas), Les âmes mortes (lien promotionnel)
