Anouilh (Jean)

Biographie

La genèse d’une passion
Le lycée Chaptal, au croisement de la Rue de Rome et du Boulevard des Batignolles.

Le père de Jean Anouilh était tailleur, et sa mère musicienne et professeur de piano.

C’est en 1923 que son amour pour le théâtre apparut au Lycée Chaptal. rencontres littéraires essentielles interviennent : celle de Giraudoux avec Siegfried et celle de Cocteau avec Les Mariés de la tour Eiffel.

À vingt-deux ans, Anouilh est le secrétaire de Louis Jouvet au Théâtre des Champs-Élysées. Il travaille pendant deux ans dans une agence de publicité (avec, entre autres, Jacques Prévert et Jean Aurenche).

Les premières œuvres

C’est en 1929 que Jean Anouilh fait jouer sa première pièce, Humulus le muet, un échec. Mais c’est en 1932 qu’il écrit sa première « vraie pièce » : L’Hermine. Il décide alors de vivre de sa plume, mais les débuts vont être difficiles. Il connaît son premier grand succès en 1937 avec Le voyageur sans bagage au Théâtre des Mathurins. Les acteurs principaux sont Sacha et Ludmilla Pitoëff ; Darius Milhaud en écrit la musique de scène, en forme de suite pour violon, clarinette et piano, (op 157b).

En 1938, il obtient un nouveau succès critique et public avec la création du Bal des voleurs, et inaugure sa collaboration avec André Barsacq, qui sera son principal interlocuteur et metteur en scène, pendant plus de quinze ans.

Antigone et l’Occupation

Sous l’Occupation, Jean Anouilh continue d’écrire. Il ne prend publiquement position ni pour la Collaboration, ni pour la Résistance, mais publie des textes non politiques dans l’organe collaborationniste Je suis partout et dans Aujourd’hui, ce qui lui sera ensuite reproché. On peut souligner qu’il a, par ailleurs, donné des nouvelles à la revue anti-hitlérienne Marianne et surtout hébergé en 1942 la femme d’André Barsacq, Mila, pendant les persécutions antisémites.

Sa plus célèbre pièce, Antigone, écrite en 1942, sera jouée pour la première fois en 1944, dans une mise en scène, des costumes et des décors d’André Barsacq au Théâtre de l’Atelier. Comme nombre d’autres événements, Antigone est très mal accueillie lors de sa première : personne n’applaudit ; à la fin de la pièce, Anouilh et Barsacq regrettent même de l’avoir écrite et montée, laissant entendre que c’était « une véritable catastrophe ». La critique était partagée ; la pièce avait une résonance étrange, ambiguë, du fait de la figure tragique d’Antigone, proche de celle des héroïnes de la Résistance. D’ailleurs, un soir, des tracts en faveur de la Résistance ont été distribués, avec l’accord d’Anouilh et Barsacq. En définitive, Antigone sera considérée comme l’un des sommets de l’Å“uvre de Jean Anouilh.

À la Libération, Anouilh s’érigera contre les épurateurs. Tentant de sauver la tête de Robert Brasillach, il écrivit en 1945: « J’avoue avoir une certaine compassion pour les vaincus et redoute les excès de l’épuration ». Des écrits plus tardifs exprimeront ce même rejet de l’épuration.

Une carrière prolifique

En 1946, Roméo et Jeannette, est mis en scène par André Barsacq ; il s’agit de la première pièce interprétée par Michel Bouquet, mais aussi par le couple Jean Vilar et Maria Casarès. Par la suite, la fécondité de l’auteur ne tarit plus.

La carrière d’Anouilh sera accompagnée de nombreux succès pendant une vingtaine d’année dont L’Invitation au château, L’Alouette, Pauvre Bitos ou le dîner de têtes et Beckett ou l’honneur de Dieu. Citons parmi les échecs, celui rencontré lors de la présentation de la Grotte en 1961.

via Wikipédia